L'esprit du sport et de la persévérance
Derrière chaque foulée, il y a une histoire. Celle d'un homme qui a marché contre le vent, contre le doute et pour le plaisir de se dépasser. Découvrez en images le parcours d'un Bonifacien d'exception, dont la passion du sport continue d'inspirer toutes les générations. Originaire de Parent, en Abitibi, Marcel Jobin s'installe en Mauricie à la fin des années 1950, où il amorce sa carrière d'athlète et devient, au fil des décennies, une figure emblématique de Shawinigan et de Saint-Boniface. Athlète, entraîneur, conférencier et citoyen engagé, il incarne l'esprit d'effort et d'optimisme qui définit la communauté de Saint-Boniface. Son parcours n'est pas celui d'un prodige, mais d'un travailleur acharné. À son arrivée en Mauricie, vers 1959, il découvre à Shawinigan une effervescence sportive qui l'inspire. C'est là qu'il apprend à structurer ses entraînements et à faire de la discipline son alliée. Très tôt, il partage ses apprentissages avec les jeunes de la région, convaincu que le sport est un outil de dépassement et de cohésion sociale. Cette philosophie guidera toute sa vie.
« L'important n'est pas de marcher vite, mais de continuer d'avancer. » - Marcel Jobin
Une capsule d'introduction racontée par Michel Parent, présentant l'esprit du panneau et la philosophie de la marche.
Nicole Lafontaine et la famille Jobin
Derrière chaque pas de Marcel, il y a Nicole, son épouse, sa complice, son pilier. Dès les débuts, elle l'accompagnait lors des entraînements, partageant sa passion et ses rêves. Toujours à ses côtés, elle a cru en lui lorsque peu le faisaient. Avec leurs enfants Karine et Philippe, la famille Jobin incarne la fierté, la solidarité et la bienveillance qui ont façonné la carrière de Marcel.
Encore aujourd'hui, la complicité et la bienveillance de la famille Jobin accompagnent la marche de Marcel.


« Derrière chaque champion, il y a une famille qui marche à ses côtés. »
Le duo Marcel Jobin et Michel Parent
Depuis 1976, Marcel Jobin et Michel Parent forment un duo inséparable. Ami, agent et complice, Michel a accompagné Marcel dans toutes ses grandes étapes: Jeux, galas, conférences, hommages et projets communautaires. Ensemble, ils ont su faire rayonner la Mauricie, le Québec et le Canada.
Au-delà du sport, leur amitié témoigne d'un profond respect mutuel. Michel devient la mémoire et la voix de Marcel, tandis que Marcel demeure l'inspiration de Michel. Leurs projets communs, comme ce monument, visent à transmettre les valeurs de persévérance et d'humilité aux jeunes générations. Leur complicité incarne la force de l'amitié et de la reconnaissance partagée. Leur relation dépasse le cadre sportif. Ensemble, ils ont donné des conférences, soutenu des causes locales et organisé des activités communautaires à Saint-Boniface. Michel Parent, en tant qu'ami et témoin privilégié, continue de raconter avec émotion le parcours de Marcel, pour que son histoire reste vivante bien au-delà des pistes d'athlétisme.
Capsule « Une amitié et une complicité, un match parfait vers la réussite »
Palmarès en bref
| 4 Jeux panaméricains : 1971, 1975, 1979, 1983 |
| 2 Jeux du Commonwealth : 1978, 1982 (argent) |
| 2 Jeux olympiques : Montréal 1976, Los Angeles 1984 |
| 15 titres de champion canadien, dont 13 consécutifs |
| Record du 50 km : 3 h 47 min 47 s (record canadien 36 ans) |
| Record mondial du mille marche en salle : 5 min 54 s 08 |
| Intronisé aux Panthéons du sport de la Mauricie (1985) et du Québec (1993) |
Marcel Jobin après sa carrière olympique - L'éternel marcheur
Marcel Jobin n'a jamais cessé de marcher. Après une brillante carrière olympique, il aurait pu ranger ses espadrilles, mais pour lui, le sport n'est pas une étape, c'est une façon de vivre.
Dans la catégorie des Maîtres, il s'est taillé une deuxième carrière tout aussi inspirante.
Il a représenté le Québec et le Canada dans de nombreux championnats mondiaux et panaméricains, en salle comme en plein air : Malaga, Finlande, Pologne, Göteborg... Partout, il a porté les couleurs du pays avec fierté, affrontant les meilleurs du monde avec la même fougue qu'à ses débuts.
À plus de 80 ans, il continue de participer aux épreuves de 5, 10 et 20 km. En 2024, il était encore sur la ligne de départ à Göteborg, preuve que la passion n'a pas d'âge.
Son surnom de « Fou en pyjama » est devenu un emblème : ce "fou" qui marche encore inspire les jeunes, les Maîtres et tous ceux qui croient que la passion n'a pas d'âge. À Saint-Boniface et bien au-delà, Marcel Jobin incarne la persévérance, la dignité et la joie de vivre.
Son héritage nous rappelle que le sport est un voyage, pas une destination. Tant qu'on avance, on est vivant.
Galerie de photos








Revue de presse
Itinéraire d'un champion
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1958
Le " Fou en pyjama " En 1958, quand Marcel Jobin s'entraînait à la course dans les rues de Shawinigan à 6 h du matin, vêtu d'un survêtement en coton...
Lire la suite1958Le " Fou en pyjama "
En 1958, quand Marcel Jobin s'entraînait à la course dans les rues de Shawinigan à 6 h du matin, vêtu d'un survêtement en coton ouaté, les passants le regardaient avec étonnement et lui lançaient : " Où tu t'en vas, le fou en pyjama ? Plutôt que d'en être vexé, il en fit un symbole de détermination et de liberté.
En 1968, à ses débuts en marche olympique, il s'entraînait souvent la nuit pour éviter les moqueries déjà qu'on le traitait de " Fou en pyjama " imaginez-le en train de se déhancher !
Des années plus tard, ce surnom deviendra le titre de son livre, un hommage à l'humour, à la persévérance et à la passion du sport.
Citation : " On peut rire de moi, tant que je continue d'avancer. " - Marcel Jobin
Michel raconte l'époque où Marcel s'entraînait la nuit, encouragé par Nicole et comment ce surnom qui est devenu un emblème de persévérance.
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1971
Premiers pas sur la scène internationale - Cali, Colombie, 1971 Aux Jeux panaméricains de Cali, Marcel Jobin dispute les épreuves du 20 km et du 50...
Lire la suite1971Premiers pas sur la scène internationale - Cali, Colombie, 1971
Aux Jeux panaméricains de Cali, Marcel Jobin dispute les épreuves du 20 km et du 50 km marche. C'est le début d'une carrière internationale qui le mènera sur tous les continents.
Dans des conditions climatiques éprouvantes, il découvre le haut niveau et côtoie les meilleurs marcheurs des Amériques. Son endurance et sa technique étonnent les entraîneurs présents. Ce premier grand rendez-vous international lui fait prendre conscience de son potentiel et du rôle qu'il peut jouer comme pionnier de la marche athlétique au Canada. Dès lors, il s'impose comme une référence dans la discipline, inspirant la relève sportive québécoise. À Cali, il porte pour la première fois l'uniforme du Canada avec une émotion palpable. C'est aussi la première fois qu'un athlète originaire de Saint-Boniface marche sous le drapeau canadien sur la scène mondiale.
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1972
Munich 1972 - Le rêve et la tragédie Les Jeux de Munich 1972 marquent la première participation olympique de Marcel Jobin. Pour le marcheur de...
Lire la suite1972Munich 1972 - Le rêve et la tragédie
Les Jeux de Munich 1972 marquent la première participation olympique de Marcel Jobin. Pour le marcheur de Saint-Boniface, c'est un rêve devenu réalité représenter le Canada sur la plus grande scène du monde.
En 1972, Marcel est au sommet de sa forme. Champion canadien du 20 km, il vient tout juste de décrocher sa place au sein de l'équipe nationale d'athlétisme pour les Jeux olympiques de Munich. Une délégation de 47 athlètes, un rêve partagé, une fierté immense pour lui et pour sa communauté de Saint-Boniface.
Mais à quelques jours du départ, le rêve s'effondre : pour des raisons budgétaires, dix membres de l'équipe sont retranchés, dont Marcel. Pas pour blessure ni performance, mais faute de fonds. Pendant ce temps, Nicole, déjà en route pour Munich, apprend à son arrivée qu'il ne participera pas. Un choc brutal, une injustice douloureuse. Ce rêve brisé deviendra une leçon de résilience et d'amour partagé.
Michel Parent raconte le moment de la très grande déception.
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1975
Mexico 1975 - La chaleur et du courage Sous un soleil accablant, Marcel Jobin livre à Mexico une course héroïque au 50 km marche des Jeux...
Lire la suite1975Mexico 1975 - La chaleur et du courage
Sous un soleil accablant, Marcel Jobin livre à Mexico une course héroïque au 50 km marche des Jeux panaméricains. Il termine 6ᵉ au classement général et meilleur Canadien, démontrant une endurance exceptionnelle.
Cette épreuve extrême, disputée à haute altitude et dans une chaleur écrasante, met à l'épreuve les limites humaines. Plusieurs abandonnent, mais Marcel persiste jusqu'à la ligne d'arrivée. Cet exploit le confirme comme l'un des meilleurs marcheurs du continent. Il représente alors le Canada avec une détermination exemplaire et gagne le respect des délégations étrangères. À 33 ans, Marcel atteint un sommet de maturité sportive. Son entraînement, basé sur plus de 150 km de marche par semaine, lui permet de maîtriser la fatigue et les douleurs musculaires. Sa performance est saluée par la presse canadienne et par ses pairs, qui reconnaissent sa ténacité. Ce tournoi devient aussi un moment de fierté nationale: un athlète de Saint-Boniface prouve qu'un Québécois peut briller sur la scène internationale.
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1976
Montréal 1976 - L'ovation d'un pays Les Jeux olympiques de Montréal sont un moment historique pour le Canada? et pour Marcel Jobin. Devant 70 000...
Lire la suite1976Montréal 1976 - L'ovation d'un pays
Les Jeux olympiques de Montréal sont un moment historique pour le Canada? et pour Marcel Jobin. Devant 70 000 spectateurs au Stade olympique, il complète le 20 km marche en 23ᵉ position, porté par une foule en délire. Ce jour-là, un pays entier découvre l'athlète de Saint-Boniface.
Sa participation symbolise la reconnaissance d'un sport longtemps marginalisé. En marchant sous les acclamations du public, il devient un modèle de persévérance pour toute une génération d'athlètes québécois. Marcel se souvient encore du bruit assourdissant des encouragements et du sentiment de représenter bien plus que lui-même : sa région, sa famille et tous ceux qui croient en leurs rêves. Il est accueilli en héros à son retour. À Saint-Boniface, la fierté est immense : les citoyens suivent ses exploits à la télévision et célèbrent son parcours. Marcel devient alors une figure d'inspiration pour les jeunes, et son histoire est reprise dans les écoles. Ce moment marque le début de la reconnaissance du sport amateur québécois à l'échelle nationale.
Michel Parent raconte l'ambiance du Stade olympique d'entendre 70 000 personnes applaudir sa performance.
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1979
Porto Rico 1979 - Sous une chaleur torride Aux Jeux panaméricains de Porto Rico, Marcel se classe 5ᵉ au 20 km marche. Sous une température...
Lire la suite1979Porto Rico 1979 - Sous une chaleur torride
Aux Jeux panaméricains de Porto Rico, Marcel se classe 5ᵉ au 20 km marche. Sous une température écrasante, il prouve encore une fois sa ténacité et son calme d'athlète aguerri.
Malgré des conditions météorologiques extrêmes et une humidité suffocante, il livre une course tactique intelligente, gérant son effort avec expérience. Cette performance consolide sa place au sein de l'élite mondiale et prépare le terrain pour les grandes victoires à venir. Cette édition est particulièrement relevée : plusieurs champions olympiques y participent. Marcel se distingue par sa capacité à maintenir une allure constante et une posture impeccable. Sa gestion de course devient un exemple enseigné plus tard à ses élèves et protégés. C'est aussi l'un de ses derniers grands tests avant la médaille du Commonwealth de 1982, moment qu'il évoque encore avec émotion.
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1980
Moscou 1980 - Le rêve interrompu En 1980, au sommet de sa forme, Marcel est sélectionné pour participer à ses troisièmes Jeux olympiques, à Moscou....
Lire la suite1980Moscou 1980 - Le rêve interrompu
En 1980, au sommet de sa forme, Marcel est sélectionné pour participer à ses troisièmes Jeux olympiques, à Moscou. Mais le boycott canadien met fin à son rêve. Plutôt que d'abandonner, il transforme la déception en motivation: quelques mois plus tard, il signe à Houston un record mondial du mille marche en salle (5 min 54 s 08).
Ce record devient un symbole de résilience. Privé de Jeux, Marcel choisit de répondre par la performance. Sa marche parfaite à Houston, technique et régulière, est applaudie par la communauté internationale. Le "Fou en pyjama" prouve encore une fois qu'aucun obstacle n'arrête la passion. Ce moment marque un tournant dans sa carrière: plutôt que de céder à la colère, il choisit le dépassement. Il participe à des conférences, encourage les jeunes à persévérer et transforme cette injustice en moteur d'action. Ce record mondial reste une page d'histoire du sport canadien, souvent cité comme un modèle de dépassement moral et physique.
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1982
Brisbane 1982 - La médaille d'argent Aux Jeux du Commonwealth de Brisbane, Marcel remporte la médaille d'argent au 30 km marche, aux côtés de son...
Lire la suite1982Brisbane 1982 - La médaille d'argent
Aux Jeux du Commonwealth de Brisbane, Marcel remporte la médaille d'argent au 30 km marche, aux côtés de son compatriote Guillaume Leblanc, athlète canadien spécialiste de la marche rapide. Deux Canadiens unis par l'effort et le respect, salués par la foule australienne.
Cette médaille, remportée à 40 ans, illustre la longévité exceptionnelle de Marcel et sa capacité à performer parmi les plus jeunes. Sa rigueur et sa préparation minutieuse impressionnent les entraîneurs. Ce podium canadien marque une page importante de l'histoire de l'athlétisme québécois. Le duo Jobin-Leblanc symbolise la relève et la continuité. Les médias australiens saluent la solidarité entre les deux athlètes, soulignant l'humilité de Marcel. Ce podium renforce son statut de modèle au Canada, et il devient porte-parole du sport propre et du respect dans la compétition. Plusieurs jeunes marcheurs suivront son exemple au cours des années suivantes.
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1982
Terrebonne 1982 - Un record légendaire À Terrebonne, Marcel signe une performance historique: 50 km en 3 h 47 min 47 s, soit la 3ᵉ meilleure...
Lire la suite1982Terrebonne 1982 - Un record légendaire
À Terrebonne, Marcel signe une performance historique: 50 km en 3 h 47 min 47 s, soit la 3ᵉ meilleure performance mondiale de l'époque.
Sur ce parcours québécois, il démontre une force mentale hors du commun. Plusieurs témoins racontent qu'il a terminé épuisé, mais fier, conscient d'avoir atteint une limite que peu d'athlètes toucheront. Cette journée consacre Marcel comme un monument du sport canadien, et son record deviendra une référence pour toutes les générations suivantes. Cette course, disputée devant des partisans venus de toute la province, symbolise aussi la reconnaissance de ses pairs. Des entraîneurs et athlètes se souviennent encore du silence du public lors des derniers mètres, avant une ovation spontanée. Ce jour-là, Marcel prouve que la grandeur n'a pas besoin d'un podium, mais d'un c?ur qui n'abandonne jamais.
Ce record canadien tiendra 36 ans.
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1984
Los Angeles 1984 - La persévérance d'un maître À 42 ans, Marcel participe à ses deuxièmes Jeux olympiques. Toujours animé par la même passion, il...
Lire la suite1984Los Angeles 1984 - La persévérance d'un maître
À 42 ans, Marcel participe à ses deuxièmes Jeux olympiques. Toujours animé par la même passion, il démontre que la discipline et la constance n'ont pas d'âge. Un modèle de longévité sportive et d'humilité.
Sous le soleil californien, il termine ses épreuves avec dignité, bouclant un parcours exceptionnel de deux décennies d'efforts. Son retour à la maison est salué par les médias canadiens et les Bonifaciens, fiers d'un athlète qui a prouvé que la ténacité surpasse le temps. Ce dernier grand rendez-vous olympique couronne une carrière exemplaire. En entrevue, Marcel dira: " J'étais peut-être plus lent, mais j'étais toujours debout. " Ce dernier chapitre olympique incarne la sagesse du sportif accompli. À Saint-Boniface, un accueil chaleureux l'attend à son retour, marquant la reconnaissance de toute une région pour un parcours guidé par la passion et la constance.